23 sept. 2015

Bisexualité, éléphants, dauphins et phéromones (titre de fou)

Cet article a été rédigé dans le cadre de la journée de la visibilité bi (#BiEtPanVisibles) lancé par Cordélia

J'ai longtemps eu le sentiment d'être un imposteur. J'ai mis du temps à comprendre ce que j'étais. Je n'étais pas homosexuelle. Je n'étais pas normale non plus. Normale.
Je ne crois pas avoir été la seule adolescente à avoir été convaincue de son anormalité. C'est plutôt la règle à cet âge, tout le monde est secrètement convaincu d'être absolument, et de façon terrifiante, anormal. Mais aujourd'hui, pour le jour de la visibilité bisexuelle, je vais en parler, de mon anormalité.

Je vais commencer par vous avouer quelque chose : je ne suis plus du tout convaincue que la bisexualité soit une anormalité. Je pense d'ailleurs que je suis bien plus anormale au regard d'autres paramètres que celui de mon orientation sexuelle.

Chez les mammifères, l'hétérosexualité est la normalité. Seulement il y a quelques exceptions, notamment chez les primates et les humains, où les différentes études menées au cours des dernières années ont montré que la bisexualité y était la norme. Peut-être je pourrais vous parler de ce que c'est que d'être bisexuelle dans la communauté mormone. Une autre fois. Mais pour l'heure, je vais plutôt parler de biologie et d'ethnologie.


Bisexualité et facteur génétique

Les études menées sur les mammifères ont mis en évidence le schéma suivant : Une espèce a soit une sexualité dépendantes des cycles hormonaux, soit relativement indépendante :
Si elle est dépendante des cycles, elle aura alors une sexualité à but reproductif, avec toujours la même pratique sexuelle : lordose de la femelle, rapports uniquement pendant la période de fécondité, hétérosexualité stricte généralisée.
Si elle a une faible dépendance aux cycles, elle aura alors une sexualité érotique, non centrée sur la reproduction. Ses pratiques sexuelles (positions, parades nuptiales, période d'accouplement) sont alors plus variables. On note également pour ces espèces l'apparition d'une forme de bisexualité.

Ce qui va faire qu'une espèce soit reproductive ou érotique dépend de nos gènes, ceux qui servent à la détection des phéromones. Plus ces gènes sont altérés, plus une espèce sera érotique.

L'humain, qui s'accouple dans à peu près n'importe quelle position, à n'importe quel moment, se drague comme des manches et qui veut du sexe mais pas trop d'enfants est sans surprise une espèce érotique et peu reproductive. Et cela se vérifie complètement du point de vu génétique : 90% de nos gènes responsables de la réception des phéromones sont altérés.

On compte trois grandes familles de mammifères érotiques : Les éléphants, les dauphins et les primates, chez qui on observe une bisexualité normalisée. Concernant l'humain, l'étude menée par Kinslay en 1948 comptait 46% d'hommes ayant eu au moins une expérience homosexuelle. Malgré un immense rejet de l'homosexualité dans notre société.

Comprenez-moi bien, la bisexualité ne signifie pas être autant attiré par les hommes que par les femmes. Cela signifie ne pas être à 100% hétérosexuel, ni 100% homosexuel. Avec cette définition, on peut considérer d'un point de vu ET biologique ET sociologique que la bisexualité est normale chez l'être humain. Elle ne concernerait pas tous les individus, mais elle ne serait pas anecdotique non plus.

FAQ


Et pour conclure, une petites foire aux questions (celles qu'on me pose le plus souvent) : 
Est-ce que ça signifie que je suis attirée par toi et ta petite amie ?
Non. Plus encore que bisexuelle, je suis sapiosexuelle. Ce qui signifie que je suis attirée par les personnes autant ou plus intelligentes que moi. Et je veux pas te faire de la peine, mais au dernier test, j'avais 135 de QI. Donc non, il y a peu de chance statistiquement que je sois attirée par toi et ta copine.
Les années prépas ont été en revanche des années intenses, j'ai été attirée par deux de mes professeurs, quatre élèves masculins et trois féminines. Je me suis fiancée deux fois et j'ai eu plusieurs petit(e) ami(e)s.

Comment tu sais que tu es bisexuelle, tu as déjà eu une copine au moins ?
Oui, j'en ai eue. Ma soeur jumelle aussi a eu des petites copines. J'étais bisexuelle avant d'avoir ma première copine. Je suis toujours bisexuelle aujourd'hui.

Mais tu es mariée avec un homme, tu es pas bisexuelle alors, puisque tu n'as pas de relations sexuelles avec des femmes en ce moment !
La dernière fois que j'ai eu un crush pour une fille, c'était la semaine dernière. La dernière fois que j'ai eu un crush pour un homme, c'était la semaine dernière. On parle d'attirance sexuelle et romantique, pas forcément de relations. Je suis bisexuelle, engagée dans une relation monogame hétérosexuelle avec un hétérosexuel.

Quel est ton genre d'homme ? Et de femme ?
Je n'ai pas de genre d'homme (à part très intelligent), même si j'ai noté des réactions hormonales assez violentes face à des individus aux mêmes caractéristiques ethniques que mes ancêtres.
J'ai clairement un genre de filles : celles qui me ressemblent. C'est cliché, mais c'est comme ça.

Ton mari est au courant ? Il en pense quoi ?
Oh oui, il est au courant et il s'en fiche. Je crois qu'en 7 ans de relation, il m'a juste demandé une fois qu'est ce que ça faisait d'être bisexuelle.

Tu es mormone ? Et bisexuelle ? C'est pas incompatible ?
Dans la mesure où je n'enfreins aucune politique mormone en matière de chasteté, je suis pour le moment encore considérée par mes dirigeants ecclésiastiques comme mormone et digne de servir dans les chapelles et les temples mormons. On a même un apôtre qui a dit récemment que les mormons pouvaient soutenir le mariage gay sans perdre leur recommandation pour le temple. Donc en théorie, revendiquer sa non-hétérosexualité et être mormon n'est pas incompatible tant qu'on pratique pas notre non-hétérosexualité. Traduction : Je peux dire que j'aime les femmes, tant que je ne suis pas en couple avec une femme. Si je suis en couple avec une femme, alors ce sera au cas par cas. La plupart du temps, ce sera synonyme de la suspension de mon statut de mormone active.


Sources :
J. Zhang, D. M. Webb, Evolutionary deterioration of the vomeronasal pheromone transduction pathway in catarrhine primates,Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 100(14):8337-8341, 2003.

J. Buvat, « Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques », Contracept. Fertil. Sex.,vol. 24, no 10,‎ p. 767-778

Kinsey, Sexual Behavior in Human Male

B. Bagemihl, « Biological Exuberance », St Martin's Press, 2000


30 août 2015

La non-sexualité des femmes

Pourquoi personne ne m'a prévenue ? Pourquoi ma mère, l’infirmière scolaire, la sage-femme, la gynécologue, pourquoi aucune d'entre-elles ne me l'a dit ?
Cela fait un mois que j'ai sevré mon fils. Il a deux ans et demi. Et tout d'un coup, une nouvelle couleur est apparue dans ma vie. Je parle d'un couleur, parce que c'est comme si je ne la voyais pas avant et que tout d'un coup, elle se manifestait. Elle existait, simplement, je n'étais plus capable de la voir. Et elle m'a frappée si fort que j'ai cru ne jamais m'en remettre.
Je parle du sexe. Du désir. Des émotions profondes et violentes. Des obsessions qui vous réveillent la nuit. Des sensations brûlantes et de la faim intense. Le jour où j'ai sevré mon fils j'ai découvert que j'étais un être sexuel. Je dis le jour, en réalité, ça a été la semaine qui a suivi.

Je ne dis pas que je n'ai pas eu de rapport sexuel pendant tout ce temps. Je dis que c'était plus rare, poussif et absolument pas comme ça l'était quand j'étais adolescente ou jeune adulte. Quelque part, ça m'embêtait parce que mon mari lui n'était pas devenu un être non-sexuel de son coté et que j'avais le sentiment de le priver de quelque chose. Et parce que je savais que c'était sensé être une des parties cool de la vie d'adulte. Mais maintenant, ça semble tellement logique : pourquoi mon corps voudrait prendre le risque de tomber enceinte alors que je suis en train de m'occuper d'un petit être humain qui a besoin de mon attention et de mon énergie ?
J'avais aussi expérimenté un retour de libido après une rémission de dépression post-partum. Et c'était logique aussi : pourquoi mon corps voudrait prendre le risque de tomber enceinte alors qu'il est en train de rétablir l'équilibre hormonal et de refaire ses stocks de vitamines et de minéraux ?

Du coup, je m'en vais vous parler de la non-sexualité des femmes. Parce qu'elle fait partie de notre vie et que personne nous en a parlé. On suppose que la femme est sexuelle. Tout le temps. Et que la seule chose qui peut nous empêcher de coucher avec elle, c'est quand elle commence à ne plus nous plaire.

Alors tenez-vous bien...
Une femme peut être asexuelle et ce sera son orientation sexuelle.
Une femme peut être non-sexuelle pendant sa grossesse. C'était mon cas.
Une femme peut être non-sexuelle pendant l'allaitement. C'était mon cas.
Une femme peut être non-sexuelle pendant une dépression clinique. C'était mon cas.
Une femme peut être non-sexuelle quand elle prend des anti-dépresseurs. J'en ai jamais pris, mais c'est un des effets connus et documentés des anti-dépresseurs.
Une femme peut être non-sexuelle quand elle prend la pilule (qui reproduit l'illusion de la grossesse pour empêcher l'ovulation). C'est également un effet connu, mais très peu abordé lors de la prescription.

Et dans les premiers cas, elle n'est pas cassée parce qu'elle est non-sexuelle. Mais notre société hyper-sexualisée lui fait croire qu'elle a un problème, que son couple a un problème, et que c'est pas si grave de se forcer un peu. Et pour moi, le pire n'est pas d'ignorer la non-sexualité des femmes, mais de considérer acceptable qu'elles puissent se forcer. Parce que ça signifie, qu'en fait, on se fiche pas mal qu'elles soient sexuelles ou non.
J'ai découvert ma sexualité quand j'ai compris ma non-sexualité. J'espère que je la respecterais davantage si elle revient dans ma vie. Et j'aimerais dire à toutes les femmes non-sexuelles : vous n'êtes pas cassée. Et si vraiment vous l'êtes (dans le cas d'une maladie épuisante comme la dépression), votre non-sexualité n'est pas le problème.


Et pour les partenaires masculins des femmes* : Vous êtes entourés d'images de femmes disponibles sexuellement. Simplement parce que c'est un message qui active votre comportement sexuel et qui attire donc votre attention. Les publicitaires et les média ont donc tout intérêt à utiliser ce procédé.

Mais la vérité c'est que dans la nature, aucune femelle n'est 100% disponible, 100% du temps. Mêmes les bonobos, qui passent littéralement leur temps à copuler, n'ont pas des femelles disponibles 100% du temps. Alors soufflez un bon coup. C'est la société qui est malade. Pas vous. Pas votre femme.

*désolée, je ne parle que d'hétérosexualité, parce que je n'ai pas d'expérience significative ou d'étude sérieuse sous la main sur le sujet de la libido des couples lesbiens. La mort du lit est un sujet qui me laisse perplexe, j'adorerais mieux le comprendre. Si vous avez des auteurs à conseiller, même anglophone, je prends.

23 avr. 2015

L'avortement dans la bible

Aujourd'hui j'ai vu passer un texte sur internet, expliquant que l'avortement était un meurtre dès la seconde où il y avait fécondation, puisque la bible disait que nous avions été conçus par Dieu avant même de l'avoir été dans le ventre de notre mère.

Loin de moi l'idée qu'on doive appliquer ce qui se trouve dans l'ancien testament (lapider les adultères par exemple), mais il se trouve que justement, on en parle d'avortement dans l'ancien testament et que c'est plutôt déconcertant.

Depuis que j'ai découvert qu'on pouvait utiliser la version hébraïque de l'ancien testament, je ne me lasse plus. Et aujourd'hui on va s'en servir.

Examinons ce versé (Exode 21:22)
Si des hommes se querellent, et qu'ils heurtent une femme enceinte, et la fassent accoucher, sans autre accident, ils seront punis d'une amende imposée par le mari de la femme, et qu'ils paieront devant les juges

S'agit-il d'un bébé vivant ou de n'importe quel accouchement ? Le mot utilisé à ce moment est ילד (yeled) qui signifie sortir, dans tout le reste d'Exode, le mot utilisé pour l'accouchement est יצא (yatsa').

D'ailleurs, les juifs utilisent un mot sans équivoque dans la Torah pour le même passage : 

Si des hommes se querellent, et qu’un d'entre eux heurte une femme enceinte, provoquant une fausse-couche, mais sans autre préjudice, le responsable sera puni d’une amende imposée par le mari de la femme, qu’il devra payer devant les juges. Mais s’il y a d'autres conséquences (pour la femme), la peine sera alors le prix d'une vie pour la vie, le prix d'un œil pour un œil, le prix d'une dent pour une dent, le prix d'une main pour la main, le prix d'un pied pour un pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure.

Si vous vous rappelez bien, le meurtre dans la loi mosaïque est puni de mort. Or ici, provoquer une fausse couche est puni par une amende.

Il y a une autre référence que j'aimerais que nous observions. On retrouve dans le livre de nombre une tradition étrange. Si un homme suspecte sa femme de lui avoir été infidèle, il y a un test qu'il faut faire en présence de l'assemblée. Le sacrificateur la fait jurer, puis lui administre ce qu'ils appellent une eau amer. Et on apprend que si elle est innocente, cela ne lui fera rien, mais que si au contraire son mari avait raison, une chose terrible lui arrivera. Et voilà ce qu'on lit :
(Nombre 5 : 27)
Quand il aura fait boire les eaux, il arrivera, si elle s'est souillée et a été infidèle à son mari, que les eaux qui apportent la malédiction entreront en elle pour produire l'amertume ; son ventre s'enflera, sa cuisse se desséchera, et cette femme sera en malédiction au milieu du peuple.

Par curiosité, je suis allée voir quel mot hébreux avait été traduit par cuisse. Il s'agit de ירך (yaw-rake') qui signifie également "rein, ou siège du pouvoir de procréation".

En toute logique, les eaux amères étaient une décoction abortive. Il n'y a pas d'autre potion qui puisse dessécher les entrailles d'une femme, et préserver celles d'une autre.

Donc concernant le débat sur l'avortement, on ne peut pas s'appuyer sur la bible. On peut s'appuyer sur la science, la psychologie, la sociologie et même sur nos convictions personnelles. Mais pas sur l'ancien testament tel qu'il nous est parvenu.

12 déc. 2014

Impact de l'estime personnelle sur la sexualité

Que se passe-t-il biologiquement quand quelqu'un se trouve moche ? Je vous ai fait une réponse en dessin...



Une mauvaise estime personnelle perturbe la sexualité. Si vous voulez approfondir la question de pourquoi les femmes se trouvent moches d'un point de vu scientifique (c'est un thème d'étude de la psychologie sociale qui analyse l'auto-objectification, qui mène au très prosaïque "je me trouve moche"), voici deux articles qui m'ont donné envie de faire cette vidéo :

http://antisexisme.net/2013/08/13/objectivation-1-2/
http://antisexisme.net/2014/01/12/lobjectivation-sexuelle-des-femmes-un-puissant-outil-du-patriarcat-le-regard-masculin/

Ils parlent de l'auto-objectivation au sens beaucoup plus large que dans le couple et c'est plein d'études scientifiques et sociologiques.

7 déc. 2014

Enseigner la chasteté à nos jeunes VS la protection

prévention grossesse non désiréeJ'ai grandi dans une famille très engagée religieusement, on m'a appris des principes comme ceux de la chasteté. Et j'y ai adhéré.
Et puis un jour j'ai commencé à avoir des petits copains, et j'ai gardé en tête qu'il y avait certaines choses que je ne devais pas faire.
Et puis c'est devenu très compliqué. Parce que clairement je ne voulais pas transiger avec la loi de chasteté, mais que j'étais une machine pleine d'hormone. Genre, pleine. A craquer. Vous savez tous de quoi je parle, il suffit de regarder la saga Twilight pour comprendre. Je l'ai vu et j'ai dit "LA, VOILA, C'EST EXACTEMENT CA !"
Une frustration, une tension, comme je n'en ai jamais connu après. Après des mois de lutte acharnée contre moi-même, une chose en amenant une autre, un pas en arrière, trois pas en avant, j'ai rompu la loi de chasteté.

Et comme j'étais une bonne mormone. Que ma tête ne voulait même pas envisager que je pouvais avoir un rapport sexuel à 16 ans, d'ailleurs, si j'avais pu me marier à 16 ans, je me serais mariée à 16 ans, avec un choix assez discutable quand je regarde en arrière, bref, je n'avais pas l'ombre d'un préservatif dans mes poches.

J'aurais pu tomber enceinte, j'aurais pu attraper une MST, j'aurais pu tomber enceinte et ne pas avorter. J'avais 16 ans.

Et là il y a l'affreuse logique : je ne pouvais pas planifier une contraception ou même un préservatif, parce que ce serait préméditer un pécher. Un pécher que je ne voulais pas commettre à tête reposée. Je ne pouvais pas interrompre le rapport pour acheter un préservatif, parce que si j'avais eu ce Self Control, je ne serais tout simplement pas en train d'enfreindre la loi de chasteté.

Pourtant j'avais eu tous les cours d'éducation sexuel qu'il fallait, je savais tout sur le sujet, je savais que c'était important. En fait, si je n'avais pas cru que la loi de chasteté était importante, j'aurais eu un rapport protégé. Mais parce que je croyais que la loi de chasteté était importante, j'ai eu un rapport non-protégé. Enfin, un paquet de rapports non-protégés, parce que les années qui ont suivies ont vu se répéter ce cycle, encore et encore. Les rares fois où j'avais une contraception, c'est quand j'avais baissé les bras et quitté l'Eglise.

Ma sœur est tombée enceinte par accident, hors des liens du mariage, et a subit les ragots et le dédain dans notre paroisse. Des gens ont cessé de lui adresser la parole du jour où la nouvelle s'est répandue.
Alors qu'elle n'était même plus mormone. Elle est passée de "brebis perdue qu'il faut ramener" à "cette trainée ! Tu penses qu'elle vient plus à l'église !"
Avec exactement le même parcours, le bébé en moins, je suis aujourd'hui une mormone intégrée. Déjà ça, c'est un problème. Mais c'est pas de celui-là dont je voulais parler. Même si, si, c'est un horrible problème (sans compter sur le fait qu'en tant que sœur jumelle de l’intéressée, les réactions des membres de mon ancienne paroisse me font honte quand ils me prennent pour elle quand je reviens pendant les vacances)

Je n'ai pas la solution, mais il me semble urgent de repenser la façon dont nous enseignons la loi de chasteté. Suggestion, analyses, etc. sont les bienvenues.

PS : Je préciserais en passant, que le manuel d'administration 2 explique en terme très clair que les grossesses non-désirées ne sont pas des punitions divines et que s'occuper d'un enfant quand on est tout juste adolescente ne doit pas être vu comme un moyen d'expier ses fautes... Donc non, ce n'est vraiment pas une bonne chose que les adolescents croyants aient des comportements à risque à cause de leur croyance religieuse. Parce que c'est aussi des trucs qu'on entend quand on parle du sujet, que tout arrive pour une raison, que ça s'appelle la conséquence de ses actes mauvais, etc. Non.

6 déc. 2014

Comment Onan et Freud ont ruiné notre sexualité

Il a fallu à trois lignes dans l'ancien testament pour que des générations de couple pensent que la seule façon saine d'avoir une intimité soit celle permettant la procréation. Toutes les autres pratiques que la pénétration vaginale sont rentrés dans la clandestinité. L'histoire est étrange, mais je vais quand même la rappeler pour que chacun puisse en juger : Un dénommé Onan se voit obliger d'épouser la femme de son défunt frère selon la loi juive. Cette union a pour but de fournir post-mortem une descendance au trépassé. Seulement Onan est un peu rebelle et refuse de faire un enfant à sa belle-soeur. La bible nous disant qu'il souille le sol de sa semence quand il va vers sa nouvelle femme.
Que les gynécologues m'arrêtent si j'ai tord, mais cette pratique n'est pas un contraceptif, même de très loin. La Bible nous dit que cela déplut à Dieu, qui le fit mourir.


Merci Onan, tu nous as donné un nom pour la masturbation : l'onanisme, et de ta mort découle l'interdit d'essayer d'empêcher la fécondation, et de gaspiller sa semence autrement que dans un vagin.
Les mormons eux, n'ont rien contre la contraception aujourd'hui (mais il fut un temps où il en était autrement, et où plusieurs prophètes ont publiquement pris position contre la contraception).

Freud quelques milliers d'années après est venu en remettre une couche en rayant le clitoris de la sexualité des femmes normales. Un homme et une femme c'est un pénis dans un vagin.

Nous savons aujourd'hui que la partie externe du clitoris joue un rôle primordial dans la sexualité féminine, autant que le pénis joue un rôle primordial dans la sexualité de l'homme et que Freud avait tord à ce sujet. Nous commençons aussi à accepter l'idée que Dieu a peut-être voulu la sexualité pour unir les couples autant si ce n'est plus que pour amener des enfants sur terre. Bref :

La pénétration vaginale n'est pas la sexualité.

Bien. C'est le moment où on brandit les préliminaires. Maintenant je vais être un peu plus transgressive :

La sexualité n'a pas besoin de la pénétration vaginale.

Imaginez que personne ne vous ait enseigné cette idée que c'est ce que font deux personnes dans leur intimité. Est-ce que la première chose que vous auriez envie de faire avec votre partenaire serait une pénétration vaginale ?
En 1975, une sexologue américaine, Shere Hite, publie les résultats d'une enquête hors norme tant par ses dimensions (3000 femmes ont répondu), que par sa conclusion (la pénétration vaginale n'apporte quasiment pas d'orgasme aux femmes).

Cela fait 40 ans que nous savons que la pénétration vaginale n'est pas le centre d'un rapport équilibré, où en sommes nous dans notre pratique ?
Je ne sais pas si elle a simplement un rôle moindre, ou si on peut dissocier complètement sa sexualité de la pénétration vaginale. Je tenterais bien l'expérience d'une sexualité sans pénétration vaginale pour voir ce que ça apporterait ou enlèverait. Je vous dirai...

Changement de cap

J'avais pris cette décision de favoriser le format vidéo, puis j'ai testé le format podcast, puis je me suis rappelée que ce que j'aimais vraiment faire, c'était écrire.
Alors, au lieu de vloguer, de podcaster, je vais mixer les contenus. Plus le temps passe et plus ça me frustre d'avoir tous ces textes, écrits sur un bloc-note, mais pas enregistrés parce qu'ils sont encore imparfaits, parce que je n'ai pas le temps de gribouiller les animations.